Lettre de présentation

Montréal, le 4 mars 2019
Monsieur Normand Petitclerc
Secrétaire général
Université du Québec à Montréal

Objet : candidature au poste de vice-recteur à la vie académique

Monsieur le Secrétaire général,

Je vous annonce ma candidature au poste de vice-recteur à la vie académique, en conformité avec les modalités de l’appel lancé le 15 février 2019.

Notre université, depuis l’entrée en fonction de Mme Magda Fusaro il y a moins de quinze mois, a pris un nouvel élan dont toute la communauté a déjà pu mesurer les impacts prometteurs. Le contexte politique externe, notamment en matière de financement de l’enseignement supérieur, a également évolué d’une manière qui nous permet, après de longues années de compressions budgétaires, d’envisager l’avenir immédiat avec moins d’inquiétude. Par un hasard heureux, cette conjoncture coïncide avec le cap symbolique du cinquantième anniversaire de notre institution. C’est dire que l’UQAM se trouve à un moment exceptionnel de son parcours. Dans ces circonstances, la perspective d’intégrer l’équipe de direction réunie par Mme Fusaro constitue un privilège enviable qui ne peut que tenter toute personne désireuse de contribuer activement au développement de l’UQAM. Servir notre communauté de cette manière serait un plaisir autant qu’un honneur. La démarche que j’entreprends ici s’explique donc aisément.

Je ne suis pourtant pas sans connaître les défis nombreux qui sont attachés à la fonction de vice-recteur à la vie académique, qui sont précisément les grands défis auxquels notre université restera confrontée pour la décennie à venir et peut-être au-delà. Quiconque a pu mesurer sur le terrain l’ampleur de la tâche ne peut se flatter de surmonter aisément les difficultés qui surviendront inévitablement, et que l’accalmie récente ne peut nous dissimuler complètement. Ayant occupé depuis septembre 2015 les fonctions de doyen de la Faculté des arts, et auparavant celles de vice-doyen aux études, j’aperçois déjà concrètement plusieurs des urgences qui vont mobiliser la Direction de l’UQAM sous l’angle académique au cours des prochaines années. Ces défis ne pouvaient faire autrement que de m’inspirer un moment de réflexion préalable. A cette prudence s’ajoute une autre considération : mon mandat de doyen court encore sur deux années. C’est une tâche que j’aime profondément et qui me permet déjà de jouer un rôle utile au service de notre institution. Je vois encore beaucoup de travail à accomplir au sein de la Faculté des arts. M’éloigner de cette communauté facultaire stimulante à laquelle je suis attaché ne va pas sans me poser un certain dilemme. Ayant pesé le pour et le contre, il me paraît néanmoins pertinent de me rendre disponible pour un mandat plus général au service de l’UQAM entière : je crois que c’est ainsi que je puis me rendre le plus utile et contribuer le plus activement au développement de notre Université. Comme nos procédures fondent la désignation au poste de vice-recteur à la vie académique sur une consultation des parties prenantes, je m’en remets au jugement collectif et à celui du comité de sélection pour m’indiquer si j’ai raison sur ce point.

Le réaménagement des responsabilités au sein de l’équipe de direction depuis l’entrée en fonction de Mme Fusaro a donné au poste de vice-recteur à la vie académique une orientation nettement ciblée sur les enjeux académiques : c’est un mandat d’une envergure considérable qui touche au cœur même de la mission de l’Université. Dans l’analyse que je fais des chantiers qui s’imposent à l’attention, il va de soi que je me réfère aux priorités définies par Mme Fusaro depuis un an : l’action du vice-rectorat à la vie académique ne peut se penser qu’en phase avec le programme de la rectrice, dont elle doit favoriser la réalisation.

L’une des urgences qui nous interpellent avec le plus de force en ce moment est celle du recrutement. Le contexte de déclin démographique qui existera jusque vers 2026 n’a pas touché de manière égale les établissements universitaires, et le défi se pose particulièrement à l’UQAM. Or, depuis la révision récente de la formule de financement des universités, les variations d’effectifs ont un impact plus marqué sur la subvention gouvernementale. A moins d’un redressement à court terme, l’UQAM pourrait se trouver progressivement hypothéquée dans ses capacités d’action. Des actions imaginatives mettant en valeur les forces de l’UQAM doivent être mises de l’avant de manière concertée. C’est un dossier sur lequel j’ai eu l’occasion de travailler depuis quelques mois à la Faculté des arts, notamment par la mise sur pied d’une campagne de vidéos promotionnelles diffusée sur les médias sociaux[1]. Il est clair que cet objectif de recrutement mobilisera les forces vives du vice-rectorat à la vie académique pour les années à venir.

Ce dossier rejoint celui de l’internationalisation, qui était l’une des priorités du plan des cent premiers jours du mandat de notre rectrice. Notre université ne peut facilement compter sur les mêmes flux d’inscriptions internationales que les établissements anglophones, mais on peut estimer qu’elle n’a pas pour autant fait le plein d’inscriptions en provenance de la Francophonie. Une présence accrue à l’international et un renforcement de nos partenariats peuvent aider en ce sens. Ce sont des actions sur lesquelles j’ai déjà misé à l’échelle facultaire, par exemple en jouant un rôle actif au sein de l’Association des facultés et établissements de lettres et sciences humaines, un réseau de l’Agence internationale de la Francophonie. Il faut évidemment multiplier ce type d’action au niveau institutionnel, dans la foulée de l’actualisation de la politique no 43 (Politique internationale).

La force d’attraction de notre Université dans l’avenir proche tiendra en grande partie à sa capacité de répondre aux attentes de la société qui nous entoure, et d’adapter l’expérience étudiante en fonction de l’évolution des sensibilités, des besoins ou des savoirs. Ces préoccupations sont dans le droit fil de la mission d’accessibilité originelle de l’UQAM, transposée dans le contexte du XXIe siècle. Un chantier institutionnel important est en cours sur l’éducation inclusive, et restera évidemment une préoccupation majeure du vice-rectorat à la vie académique. L’UQAM doit aussi répondre au défi de la diversité, de même qu’à celui de la reconnaissance et de l’inclusion des voix autochtones. Cela doit se penser à toute sorte de niveaux, et peut passer par des initiatives de terrain, comme le MOOC sur l’art autochtone actuellement développé par la Faculté des arts en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal. Notre défi collectif sera d’élargir notre capacité d’accueil et d’être présents sur toutes les scènes — parfois de manière littérale, par le biais de nos campus régionaux.

Le vice-rectorat à la vie académique a dans son mandat des procédures techniques qui n’en sont pas moins fondamentales pour la vie de notre établissement : on peut penser notamment à l’évaluation, à la modification et à la création des programmes. C’est à juste titre que la rectrice a fait de l’allègement de ces procédures (et de plusieurs autres) l’une de ses priorités. La complexité de celles-ci tient parfois à un souci de rigueur qu’il ne faudrait pas évacuer; mais on souhaiterait néanmoins retrouver quelque chose de la grande agilité institutionnelle qui a caractérisé l’UQAM dans les années suivant sa fondation, précisément pour pouvoir adapter nos programmes aux attentes nouvelles de la société et à l’évolution des disciplines sans être freinés par de longs délais. A cet égard, parmi les chantiers de ce type actuellement en cours, j’en vois peu qui aient autant d’importance que celui sur la révision de la politique no 14 sur l’évaluation des programmes.

J’arrêterai ici cet inventaire, forcément incomplet : formuler un plan de travail plus détaillé serait un exercice prématuré, qui sortirait du cadre de la présente lettre de candidature. J’aurai toutefois plaisir à poursuivre verbalement ces réflexions et à traiter d’autres questions si le comité de sélection juge pertinent de me rencontrer et d’organiser des rencontres avec la collectivité.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Secrétaire général, l’expression de ma considération distinguée.

Jean-Christian Pleau
Doyen de la Faculté des arts
Université du Québec à Montréal
Tél : 514 987 3000 poste 3187

[1] https://www.youtube.com/watch?v=D3m8euuIsrE