3 avril 2019 | L’internationalisation et l’agilité institutionnelle

Dans mes derniers messages, j’ai évoqué deux défis qui nous interpellent sur le plan académique : le recrutement et l’accessibilité. Je veux maintenant me pencher sur l’internationalisation et l’allègement des procédures.

L’internationalisation
L’ouverture à l’international a une valeur en soi : la mobilité sortante peut être vue comme un objectif de formation dans beaucoup de programmes; la mobilité entrante, quant à elle, contribue à enrichir la qualité de la vie académique de notre campus. Ce seraient là des raisons suffisantes de les mettre de l’avant. Mais il reste que l’internationalisation constitue aussi l’une des stratégies possibles pour contrer le déclin de nos effectifs. Les universités qui ont connu des hausses notables depuis cinq ans le doivent en partie à un flux d’inscriptions internationales. Cette variable est même suffisamment importante à l’échelle de la population étudiante globale au Québec pour compenser la tendance démographique : malgré le déclin démographique, la population étudiante québécoise a été en légère hausse depuis 2013. Bien entendu, il serait déraisonnable de nous fixer les mêmes objectifs que les établissements anglophones : nos chiffres ne peuvent pas être à la même échelle. Mais il est loin d’être évident que nous ayons fait le plein des inscriptions francophones ou francophiles, qui sont pour nous un objectif naturel. La proportion des inscriptions internationales à l’UQAM tourne autour de 8,5% et elle a été en hausse depuis cinq ans : ce chiffre varie toutefois énormément d’une faculté à l’autre. Une hausse de quelques points serait un objectif réaliste dans plusieurs disciplines et aurait un impact marqué sur la situation générale de l’UQAM. Cela appelle toutefois des moyens nouveaux, qui devront prendre en compte l’ensemble de l’expérience étudiante et non la seule dimension du recrutement : nos structures d’accueil actuelles ne sont pas ce qu’elles devraient être dans une université à vocation internationale. Investir nos ressources en ce sens est un pari pertinent sur l’avenir; mais il conviendra aussi de travailler à susciter une mobilisation au niveau gouvernemental, puisque l’enjeu dépasse l’UQAM et touche au rôle du Québec au sein de la Francophonie.

L’agilité institutionnelle
La lourdeur de nos procédures est un sujet de plaintes fréquentes. Notre rectrice a fait de leur allègement une de ses priorités. Plusieurs procédures académiques peuvent être visées ici, notamment celles des évaluations, modifications ou créations de programmes. Dans certains cas, la lourdeur vient de contraintes externes qu’il faudra chercher à renégocier. Parfois, elle procède d’un souci de rigueur qu’il ne faudra pas sacrifier. Il reste une bonne part qui est de notre ressort. Agir sur ce plan nous donnerait le moyen de répondre plus rapidement aux besoins de la société et à l’évolution des disciplines. Au moment de sa fondation, l’UQAM s’est construite avec une rapidité et une audace qu’on aimerait retrouver. Ce serait une autre façon de nous mettre à l’écoute de la société et d’aller à sa rencontre. 


Jean-Christian Pleau
Doyen de la Faculté des arts
et candidat au poste de vice-recteur à la Vie académique
candidat.jeanchristianpleau@uqam.ca