Dans mon premier communiqué, j’ai identifié quatre grands défis qui vont s’imposer à notre attention au cours des prochaines années, et en premier lieu celui du recrutement, pierre angulaire du développement à venir de l’UQAM. Les trois autres enjeux que j’ai nommés — l’accessibilité, l’internationalisation, l’agilité institutionnelle — ont tous en commun, au-delà de leur pertinence intrinsèque, d’apporter des pistes de réponses au déclin de nos effectifs. Je vais ici évoquer des initiatives qu’on peut regrouper sous le thème de l’accessibilité.
L’un des soucis qui présidait à la vision fondatrice de l’UQAM était d’offrir une voie d’accès à l’université à une population québécoise francophone qui en avait été exclue auparavant. La pertinence de cette mission n’a pas disparu : le soutien aux études, notamment financier, reste un enjeu majeur qui s’inscrit dans le fil de cette préoccupation d’origine. La conciliation études-famille en est un autre. Mais l’accessibilité doit aujourd’hui être pensée aussi en termes de diversité. Sans prétendre mettre toutes les situations sur le même pied, les autochtones, les communautés culturelles, les personnes en situation de handicap, la communauté LGBTQ ne sont pas représentés ou reconnus sur notre campus à la hauteur de leur présence dans la société. Cet état de fait ne changera pas sans la création d’une culture d’accueil qui se traduira par de nouvelles structures englobant toutes les facettes de l’expérience étudiante — bien au-delà du recrutement et de l’inscription initiale: persévérance et réussite doivent aussi être dans l’équation. Je vois, sous l’égide du VRVA, la création d’un Bureau de l’inclusion, avec un personnel et des ressources qui porteraient à un niveau supérieur les initiatives existantes de nos Services à la vie étudiante. Ceci rejoindrait, en lui donnant une portée plus vaste, une des recommandations formulées par le Groupe de travail sur l’éducation inclusive. Lors de conversations avec la communauté cette semaine, on me faisait valoir les difficultés réglementaires ou le manque de ressources qui font obstacle aux efforts en ce sens menés depuis longtemps par plusieurs d’entre nous (par exemple sur le plan de l’aide aux non-francophones). Je demeure pourtant convaincu qu’une volonté politique associée aux leviers dont dispose le VRVA peut avoir raison des contraintes structurelles et conduire à une réallocation judicieuse de nos ressources vers de tels objectifs. Ce choix collectif aurait d’autant plus de sens qu’il contribuerait à assurer la pertinence sociale à long terme de notre Université.
J’aurais bien sûr pu mettre de l’avant d’autres initiatives d’accessibilité, qui exigeraient chacune de longs développements. Aller à la rencontre de la société signifie aussi repenser ou diversifier nos canaux de formation : je songe ici à l’enseignement en ligne, ou au développement des campus en région. Les difficultés et les promesses de ces initiatives ne peuvent être discutées dans un bref message comme celui-ci. Je dirai simplement que j’y vois aussi des pistes nécessaires de notre développement à venir.
[Prochain message : l’internationalisation et l’agilité institutionnelle]

Jean-Christian Pleau
Doyen de la Faculté des arts
et candidat au poste de vice-recteur à la Vie académique
candidat.jeanchristianpleau@uqam.ca
